L'écritoire du baladin

écrire pour partager le plaisir d'un mot, d'une phrase, d'une idée.

samedi 21 novembre 2009

Le parapluie du vieux monsieur

Il était une fois un vieux monsieur qui voulait acheter un parapluie. Le vendeur lui en proposa d’abord un gros, tout noir.

- Oh non ! s’écria le vieux monsieur, pas un noir ! Et puis il est trop gros !

Vite, vite le vendeur retourne dans l’arrière boutique et ramene un parapluie plus petit, tout gris.

- Non, non dit le vieux monsieur

- Un marron alors ?

- Non, non, non ! Je veux un petit parapluie, et rouge !

Le vendeur ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes.

- Rouge !

Et il pensait :

- Un parapluie rouge, non vraiment, ce n’est pas sérieux pour un vieux monsieur !

- Mais oui... commença le vieux monsieur, et puis, devant la mine sévère du vendeur, il éclata de rire et s’exclama :

- Ah, je comprends ! Mais ce n’est pas pour moi, c’est pour ma petite fille ! Elle a déjà un parapluie vert, un bleu, un jaune, un orange, un violet et un indigo, il ne lui en manque plus qu’un rouge pour avoir l’air d’un arc en ciel, et que la pluie ne tombe plus jamais sur elle !

C’est Hélaine qui a eu le talent de s’amuser avec sa petite fille pour "tricoter" des histoires à deux voix, pendant le trajet, pour aller à l’école.

Allez retrouver Hélaine sur son site :

http://ecriredeplaisir.canalblog.com

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jeudi 19 novembre 2009

Lettre d’Amélie

Paul,

J’ai reçu votre lettre. Je l’ai lue avec attention et c’est à la deuxième lecture que de petites larmes d’émotion ont troublée ma vue. Quarante ans, c’est loin, Bernadette et Lucien sont déjà grands parents.

Je dois vous l’avouer, cette soirée était dans ma mémoire éteinte. Notre rencontre à l’opéra et surtout votre lettre l’ont ressuscitée, éclairée comme on allume une bougie pour créer une chaleur dans une pièce où l’on attend des amis.

Bien sûr ma mémoire est redevenue claire avec beaucoup d’images de cette soirée. Plus particulièrement les images d’un jeune homme plein de gaîté, de douceur, de prévenance. Je me souviens de vos rires qui allumaient nos rires. Je me souviens de vos gestes de douceur qui impliquaient mes gestes. Je me souviens de ce matin brumeux où dans un rire nous nous sommes embrassés avant de rejoindre nos voitures. Je me souviens de ma nostalgie pendant quelques mois de cet homme entraperçu le temps d’une journée de fête et déjà éclipsé. Je me souviens que la vie a continuée.

Oui je suis troublée par votre lettre. Je l’ai rangée dans un coffret personnel comme une jeune fille cache la lettre de son premier amour. Aujourd’hui j’ai 65 ans moi aussi ! Je suis mariée depuis 38 ans. Nous avons 3 enfants et 5 petits enfants. Nous sommes une famille heureuse.

Votre lettre sollicitait une réponse, la voici. Elle sollicitait aussi une rencontre. Je ne pense pas que cela soit souhaitable. Comme vous j’en aurai sans doute du plaisir ; mais j’ai peur de réactiver des sentiments, des désirs que nous ne pourrons pas satisfaire. Cette décision m’est douloureuse. Gardez ma lettre comme je garde la votre. Cette journée de vie partagée reste, restera une petite étoile de bonheur que nous devons à Bernadette et Lucien.

Je vous voudrais, enfin, je vous espère heureux.

Amélie

© Pierre Delphin – novembre 2009

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lundi 16 novembre 2009

Lettre à Amélie

Ceci est le deuxième opus de cette nouvelle année d’atelier d’écriture (*). La consigne était : Écrire un texte à partir de la phrase suivante : J’avais –x- ans quand nous nous sommes vu pour la dernière fois et j’ai aujourd’hui –y- ans.

Amélie,

Je voudrais vous dire tout le bonheur que j’ai eu lors de notre rencontre de mardi. Tous deux nous avions encore le regard émerveillé de la majestueuse chorégraphie que nous a offert l’opéra ce soir là. Vous étiez entourée de vos amis pleins de gaité. Je me souviens de votre éclat de rire. C’est lui qui a intercepté mon attention. Je connais cette femme, me suis-je dis. Mais qui est-elle ? À qui appartient ce rire ? J’étais seul, accompagné du bonheur du spectacle que nous venions de déguster. J’ai regardé vos yeux, votre sourire et une étincelle a affiché sur l’arc en ciel de mon esprit un nom, le votre, Amélie. Je ne savais pas par quelle prouesse mes neurones ont fonctionnées aussi vite, aussi précisément ce soir là. Aujourd’hui je le sais, je viens vous le dire.

J’avais 25 ans quand nous nous sommes vu pour la dernière fois et j’ai aujourd’hui 65 ans. Quatre décennies, c’est long, c’était hier. Nous étions, souvenez-vous invités au mariage de Bernadette et de Lucien. De la cérémonie à la soirée nous sommes restés ensemble, puis au petit matin nous avons repris notre route. Nos vies ont parcourues des voies différentes pour se retrouver à cette sortie d’opéra.

Vous n’êtes restée que quelques heures à mes cotés et pourtant vous avez habité pendant quarante ans l’espace de ma vie. Pendant ces quarante ans, il n’y a pas eu de semaine, peut-être même pas de jours où je n’ai pensé à vous, où je n’aille regarder ému dans un coin secret de ma mémoire l’image de votre visage. Ce visage doux et rieur, ces cheveux bouclés, ces yeux lumineux de sérénité et d’intelligence, cette bouche fine ciselée par un scalpel talentueux, ces pommettes de fruits mûrs réceptacles de baisers. Et ce nez, petit, que j’imaginais être, j’en ris encore, une coccinelle posée sur une rose. Non, je n’ai rien oublié de votre visage, rien. Mardi, j’ai tout retrouvé. Ces quarante ans n’ont rien altéré, rien. Votre beauté a évoluée, elle s’est épanouie et le temps n’a laissé sur ce visage de ma mémoire qu’un voile de transparence diaphane d’une beauté éternelle.

Lorsque nos épaules se sont heurtées dans la cohue de sortie, j’ai murmuré : Amélie. Votre tête s’est tournée, les yeux étonnés. Une esquisse de sourire s’est dessinée sur vos lèvres pendant que votre esprit recherchait qui était cet inconnu que votre mémoire voulait reconnaître. J’ai dis tout bas mon prénom. Vous m’avez souri, vous m’avez dit à voix basse : - Bernadette et Lucien. J’ai répondu : - Oui. Combien de temps nous sommes nous regardé en silence ? Souvenez-vous comme les gens se sont subitement écartés de nous, comme s’ils s’éloignaient du lieu d’un miracle. Nos deux mains se sont unies un instant, je vous ai demandé la permission de vous embrasser. J’en avais tant envie ! Mes lèvres se sont déposées sur votre joue avec passion, avec respect. Elles ont depuis gardées la mémoire sensitive de la douceur de votre peau. À leur tour vos lèvres ont répondu par un baiser papillon juste à la commissure de ma bouche. Quel émoi intense ! Vous portez toujours le même parfum.

Un mot derrière vous : - Tu viens Amélie a claqué comme un fouet sur le visage d’un supplicié. Votre tête s’est tournée, votre sourire s’est éteint. Revenant vers moi vous m’avez dit : - Excusez moi Paul, mais je suis avec des amis et ils s’impatientent. Disant cela vous avez retiré de votre sac une simple carte et vous me l’avez tendue le regard triste. Souvenez-vous en la prenant, j’ai osé déposer un baiser sur votre main pour vous laisser une trace de moi. Cette carte, je l’ai gardée comme on garde une bouée près de la mer, un talisman. Aujourd’hui elle est là posée sur mon bureau, elle me permet de vous faire cette lettre, d’envoyer cette bouteille dans l’océan de la vie. Allez-vous la trouver ? Allez-vous y répondre ?

Souvenez-vous de la cérémonie du mariage. D’instinct nous avons plaisanté en parlant gentiment des mariés. Vous de Bernadette votre amie d’enfance, moi de Lucien, copain d’école. Notre conversation a même pris un ton sérieux sur la signification philosophique du mariage et même mystique en sortant de l’église. Nous avons parlé, échangé comme si nous étions des amis de longue date. Notre rencontre n’était vieille que de deux heures !

Souvenez-vous du repas où nous avons tant ri, de cette table de joyeux lurons. C’est ici que j’ai mémorisé la musique de l’éclat de votre rire.

Souvenez-vous du bal. Ah le bal ! Je n’ai dansé qu’avec vous, vous n’avez dansé qu’avec moi. Une dame âgée m’a glissé à l’oreille : - Votre compagne est très jolie. Elle a cru que nous étions en couple. Je l’ai remercié, je ne l’ai pas détrompée.

Souvenez-vous de ces danses entraînantes où les rires remplaçaient les mots, où les regards deviennent intenses, où nos peaux brillaient de la célérité de nos mouvements.

Souvenez-vous de ces danses lentes où, enlacés, nos deux mouvements ne faisaient qu’un sur le rythme calme d’un slow langoureux. Moi, je me souviens de votre main dans la mienne, de ma main dans votre dos. Je me souviens de votre main sur mon épaule qui tard dans la soirée s’est posée sur ma nuque. Mon cou en frémit encore.

Souvenez-vous de cette fin de nuit au petit matin brumeux. Le jour pointait et il était l’heure de se séparer. Souvenez-vous de notre baiser d’adieu. La mémoire du goût de vos lèvres a souvent illuminé les moments tristes de ma vie.

Aujourd’hui, je suis là, devant ma feuille, ma plume se lève par instant pour laisser défiler mon album de ces rares images de cette journée. Comme je l’étais il y a quarante ans, je suis toujours idéaliste puisque j’espère de tout cœur une réponse à cette missive.

Accepterez-vous de partager une journée ou un instant. Je voudrai vous entendre me dire quelles est votre vie. Quels ont été vos bonheurs, vos tristesses aussi peut-être.

Mais je comprendrai aussi que vous souhaitiez laisser la vie continuer son cours sur nos chemins séparés.

Notre rencontre a été pour moi une belle lumière.

Amélie, je vous laisse avec mon indéfectible amitié.

Paul

(*) Atelier d’écriture UTA Lyon dirigé par Jean Marc TALPIN

http://ecriture.uta-lyon.fr/talpin/index.htm 

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samedi 14 novembre 2009

I am so proud…

I've been nominated twice for the award…

AWESOME BLOGGER

Thank you to Fabeli and Singing feather (Chanteplume)

Cet award m'a été décerné par un jury composé de l'académie Goncourt associée aux membres de l'académie française non Alzheimerisés.

Ce jury était présidé par Fabéli et par Chanteplume.

Je remercie Fabeli, qui avec gentillesse depuis son blog: http://fabelire.canalblog.com – Une écriture souple, belle au service de textes passionnants. Beaucoup de thérapeutes recommandent un passage quotidien sur son blog pour conserver le moral et la sérénité.

Je remercie Chanteplume, qui avec gentillesse depuis ses blogs: http://musidora.canalblog.com - http://chanteplume.canalblog.com - http://anjelik.canalblog.com – La multirécidiviste des blogs. Chez elle c'est la beauté et le romantisme qui viennent vous mettre de belles images dans la tête.

J'accepte avec un enthousiasme non feint cette distinction. Donc je respecte les règles ancestrales qui lui sont liées:

1 – Je remercie celles qui me l'on décerné.

2 – Je copie l'award

3 – Je le poste sur mon blog

4 – Je vais vous dire 7 choses que vous ne connaissez pas forcément de moi:

         - Je suis un faux mince

         - J'aime manger la tête de veau

         - J'aime manger le tablier de sapeur

         - J'aime manger les tripes sautées à la lyonnaise

         - J'aime manger le gratin dauphinois

         - J'aime manger la cervelle de canut

         - J'essaie d'être fidèle en amitié

5 – Je mets le lien de 7 bloggeurs:

         - http://noursette.canalblog.com

         - http://charivarii.canalblog.com

         - http://chez-sophie.hautetfort.com

         - http://ecriredeplaisir.canalblog.com

         - http://monelle.over-blog.com

         - http://philoway.canalblog.com

         - http://janina.over-blog.net

Caranca, Isabelle, Sophie, Hélaine, Monelle, Philarmor, Janina

         En vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous décerne l'award de:

AWESOME BLOGGER

Avec mes félicitations enthousiastes je souhaite longue vie à vos blogs et vous remercie pour votre talent et votre amitié.

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vendredi 13 novembre 2009

Partir . . . . .

Partir chercher un nouvel ailleurs,

Partir vivre un monde meilleur,

Chanter la paix sous d’autres cieux,

Chanter la joie pour d’autres dieux.

.

Laisser là tout ce qui est ma vie,

Égoïste, répondre à mes nouvelles envies,

D’une main sûre, tourner la sénile page,

Pour conquérir d’inconnus rivages.

.

M’envoler vers un futile firmament,

En laissant à quai tous mes amants,

Rechercher une lueur dans d’autres yeux,

Et l’écho d’un regard pour toujours heureux.

.

Pour changer un instant le cours du temps,

Pour cueillir les brumes d’un nouveau printemps,

Prendre contre moi des brassées de fleurs,

En croyant serrer, la gerbe du bonheur.

.

Partir pour ne plus me sentir vieillir,

Dérouler ma vie vers un nouvel avenir,

Vouloir avancer dans un nouvel élan,

Sur le chemin de ma vie s’effiloche le temps.

.

Partir pour un nouveau port,

Partir pour revenir, encore plus fort.

© Pierre Delphin – Novembre 2009

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mardi 10 novembre 2009

Lettre de Fernande,

Suite à un travail en atelier d’écriture, j’ai eu l’occasion d’écrire un texte intitulé : « Lettre à Fernande », publié le 25-octobre. Deux personnes m’ont fait l’amitié de me suggérer de faire une suite à cette lettre, en voici la première partie.

Pierre,

Je t’avais dit que je souhaitais couper tous les liens. Et toi, mon ami le plus cher tu m’impose une lettre. Je m’étais fait la promesse que tout courrier arrivant serait mis dans une boite sans être ouvert. Le premier que je reçois, c’est le tien. Je n’ai résisté qu’une seconde, j’ai déchiré l’enveloppe.

Tes mots sont ceux de l’amitié sincère, profonde. Ce sont des mots que je partage pour toi. Ces mots sont ceux de l’amitié la plus pure, la plus complète. Cette amitié qui nous unis, infiniment plus forte que si nous étions amants. Cette capacité d’accepter de l’autre même l’inacceptable. Parce que l’on sait que l’on ne sait pas tout, parce que l’on comprend que l’on n’a pas tout compris.

Je sais ta souffrance de mon départ, je sais que tu n’as pas tout compris. Mais il fallait que je parte sous peine d’asphyxie. Il fallait que je sorte de cette apnée. Je suis incapable de l’expliquer avec des mots concrets. Tu es le seul, avec le temps, capable d’avoir ce niveau de compréhension.

Ici, j’ai acheté des cahiers neufs, des crayons neufs. Je pars sur des bases vierges. Je me renouvelle. Je commence à écrire mon roman, nous en avons tant parlé. Je me souviens de tous tes mots, ils seront les cailloux blancs du sentier de ma réflexion. Même si pendant quelque temps, il n’y a que du silence entre nous, ta parole reste présente à mon esprit, comme toujours, constructive. Je t’en fais la promesse : tu seras mon premier lecteur, je te demanderais aussi d’être mon correcteur, car tu es le seul capable de critiquer en construisant et en comprenant mon langage.

J’ai l’impression d’être sortie de l’eau avec la même violence que je suis sortie du ventre de ma mère il y a déjà bien longtemps. Je renais. Laisse-moi renaître, laisse-moi redevenir adulte. Dans cette autre vie tu seras présent, forcément puisque tu fais partie de moi-même.

Je vais reprendre mon écriture, juste interrompue pour cette lettre. Une photo de nous deux est sur mon bureau. Je suis contente que toi aussi tu prennes la plume. Laisse moi aussi le bonheur d’être ta première lectrice.

Je te demande de ne pas reprendre contact avant trois mois. À ce moment là écrit moi pour m’annoncer ta visite. L’automne sera là et nous pourrons ensemble voir la beauté des couleurs de cette région, la beauté de la nature. Je te préparerais un verre d’orangeade.

Pour moi aussi, notre amitié est indéfectible, je t’embrasse. Même dans le silence, je ne t’oublie pas, je t’écoute.

Fernande

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dimanche 8 novembre 2009

Blanche

Tu as beaucoup toussé cette nuit. Le jour est encore loin d’être levé et nous sommes auprès de toi pour te câliner, ta sœur dort à l’étage. On sent que tu n’es pas bien. On tente de te faire respirer un produit pour aider tes faibles bronches encombrées. Une gifle froide nous claque le dos. Tu deviens blanche, ta tête tombe ton regard s’éteint. Nous crions : Vite !

Un pantalon, une chemise, des chaussures, je suis prêt. Tiens bon mon bébé, mon petit ange. Si ta tête bouge un peu, ton regard souffre. Tiens bon, douze kilomètres, un quart d’heure, ce n’est pas beaucoup. Tiens bon, tu n’as que seize semaines, ce n’est pas le moment, tu n’as pas le droit, il te reste cent ans à vivre !

La route semble sans fin, je roule vite, mais pas trop, il faut sécuriser le voyage. Silence complet, l’inquiétude serre mon ventre. Mon cerveau est glacé, comme arrêté. Un bruit, comme un murmure, tu tousses ! Oui, tousse encore, pleure, crie, envoie-moi ces signaux de vie. Feu rouge, rien à droite, rien à gauche je passe. Les rues sont encore vides, encore deux minutes. Arrivée, freinage, ta maman saute de la voiture avec le panier qui contient son trésor, notre trésor. Je range la voiture, je cours. La porte est restée ouverte pour moi, j’entre. Une jeune femme, médecin est là elle t’ausculte, elle me sourit. Ses yeux me disent : ça va. Je te sens faible, la pression diminue en moi, je reste inquiet. Tu es là entre de bonnes mains. Tu es là entre des mains bonnes, elles t’auscultent avec science, elles te caressent pour t’apaiser, elles respectent la femme que tu deviendras.

Diagnostic : Bronchiolite. Elle était déjà diagnostiquée hier. Une confirmation. Ce sera un peu long, mais on sait soigner cela. La baudruche dans ma poitrine perd sa pression.

Je sors de l’hôpital, je téléphone des mots rassurants à Mamine.

Je prends le temps de pleurer.

L’incident est arrivé le 23 octobre 2009, Aujourd’hui Angelina va beaucoup mieux, la vie suit son cours, mais ma tête n’est plus la même.

© Pierre Delphin - octobre 2009

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vendredi 6 novembre 2009

Parler du verbe aimer avec Marie

- Marie, Marie, où as-tu mis le verbe aimer ?

- Oh, excuse-moi, j’ai oublié de le remettre dans le dictionnaire, je l’ai laissé dans mon nom.

- Remarque, il est bien dans ton nom, c’est aussi une place naturelle.

- Mais au fait pourquoi en as-tu besoin ?

- Je te l’ai dis ce matin, je vais faire un tour au marché.

- Et tu as besoin du verbe aimer avec toi pour faire le marché ?

- Évidement ! Comment veux-tu que je choisisse des légumes et des fruits sans lui. Ce que je vais choisir, je vais en regarder la forme, la couleur. Je vais le toucher pour savoir si cela me semble frais. Je vais le sentir pour déjà percevoir l’odeur qui explosera quand tout ça sera dans la cuisine. Ce que j’achète, ce n’est pas que de la nécessité, c’est de l’amour. L’amour des bonnes choses. Il faut acheter avec sa tête et avec son cœur, pour le plaisir que je vais avoir en le dégustant, pour le plaisir de le cuisiner pour toi en imaginant le plaisir que tu auras en le dégustant à ton tour. La cuisine, c’est le plaisir de faire plaisir.

- Je ne sais pas encore ce que je vais manger, mais j’en ai déjà l’eau à la bouche ! Mon amour, tu es le meilleur spécialiste du verbe aimer que je connaisse.

- C’est pour cela qu’il faut un verbe aimer bien fort pour faire son marché. La cuisine ce n’est pas seulement se nourrir, c’est un acte d’amour.

.

°o°

.

- Marie, Marie, tu viens te promener ?

-Oui, volontiers, je t’accompagne. Le temps de mettre mes chaussures de marche et mon pull.

- Oh ! Tu es très belle comme cela, très élégante. As-tu pris le verbe aimer avec toi ?

- Mais tu sais bien qu’une Marie a toujours le verbe aimer avec elle ! Est-ce vraiment utile pour une promenade ?

- Absolument, indispensable. Comment pourrions nous être dans la nature sans le verbe aimer ? Tiens regarde tous ces petits nuages blancs qui picorent dans le ciel. Ce bleu est magnifique, immense. Là, on dirait des petites poules qui se régalent de beauté. Regarde, le coq est caché sur la colline, derrière les sapins.

- Tu as raison, sans le verbe aimer nous ne pouvons pas apprécier toute cette beauté. Là ce sous-bois, est-ce que sans le verbe aimer sur ton épaule tu serais capable de voir ces rais de lumière dans leur diversité de teintes et de luminosité comme une harpe illuminée par un arc en ciel ?

- Regarde le ruisselet comme il est beau. Si je laisse le verbe aimer au fond de ma poche, j’entends un bruit d’eau. Maintenant je le pose sur mon oreille, viens approche toi de moi. Écoute. Il ya des murmures, il y a des clapotis, il ya des chuintements, il y a des glouglous, des claquements, des vibrations. C’est une symphonie, c’est un orchestre de lutins !

- Là haut derrière le buisson, la biche qui nous regarde passer. Elle reste là tranquille parce qu’elle sait que nous avons le verbe aimer entre nous. Sinon elle serait déjà partie très loin. Toute la nature nous dit son amour.

- J’aime bien me promener avec toi quand nous partageons entre nous le même verbe aimer. Viens donne moi la main, quand nous serons rentrés, nous ferons du feu dans la cheminée.

.

°o°

.

- Marie, Marie, tu viens te coucher ?

- Déjà, tu es très fatigué ?

- Non pas du tout, mais j’ai envie d’être avec toi. Dis moi, où as-tu mis le verbe aimer ?

- Je l’ai pris et je le garde sur moi bien caché.

- Montre-moi mon amour, dis-moi où il est.

- Pas question, je ne dirais rien, ni sous la torture ni sous les baisers. C’est à toi de le découvrir. Mais attention, si tu fais des gestes brusques, il va plus se cacher encore et tu ne le trouveras pas.

- Alors allonge-toi là à coté de moi, je vais commencer mes recherches. Serait-il sur tes lèvres ? Sur ta langue ? Je vais chercher avec les miennes.

- Hum que ta recherche est agréable ! Continue à chercher encore, même s’il n’est pas tout à fait là.

- Ce joli chemisier blanc ne serai pas une cachette idéale pour le verbe aimer ? Un bouton, deux boutons… Que c’est joli ! Mais je ne le vois pas encore. Peut-être derrière ce petit bout de dentelle ?

- Fais doucement, au cas où il soit là, il ne faut pas l’effrayer. Continue, oui comme cela tout en douceur. Hé là que fais-tu ? Tu le cherches avec tes lèvres ?

- Peut-être est-il caché derrière ce petit bouton rose ?

-Oui, cherche le bien, avec ta main également, comme cela il se laissera apprivoiser. Comme tu cherches bien !

- Je vais l’appeler ici dans la petite trace de ta naissance sur ton ventre.

- Je ne crois pas qu’il soit là. D’ailleurs arrête cette chatouille, vilain coquin ! Mais que fais-tu ? Pourquoi est-ce que tu dégrafe ma jupe ? Crois-tu que le verbe aimer se cache par là ?

- Un verbe aimer peut se cacher de partout, sur tout le corps d’une femme qu’on aime. Alors je continue tout doucement mes recherches. Peut-être derrière ce petit morceau de soie ?

- Allons allons, le verbe aimer ne se cache pas par là !

- Voilà, la soie est un tissu fragile qu’il faut manipuler et retirer avec soin. Le verbe aimer n’est-il pas là dans ce petit buisson ?

- Si tu continue à le chercher par là, moi je vais vérifier s’il n’est pas caché sur toi. Déshabille-toi un peu pour faciliter mes recherches. Oh ! Le caleçon avec des pompiers rouges ! Je ne l’aime pas du tout, enlève-le ! Maintenant, doucement viens contre moi. Je sens que le verbe aimer n’est pas loin.

- Oui, je le sens, il est là ! Nous l’avons trouvé ! Il est juste entre nous, ne bouge plus !

- Bouge un peu quand même, oui comme ça ! Écoute le verbe aimer ronronne.

- Chut…

°o°

© Pierre Delphin – octobre 2009

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mardi 3 novembre 2009

Droit à l'erreur

Un conférencier commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 100 euros. Il demande aux gens :

- Qui aimerait avoir ce billet ?

Les mains commencent à se lever, alors il dit :

- Je vais donner ce billet de 100 euros à l'un d'entre vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

- Est-ce que vous voulez toujours ce billet ?

Les mains continuent à se lever.

- Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela.

Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des salissures du plancher.

Ensuite il demande :

- Qui veut encore avoir ce billet ?

Évidemment, les mains continuent de se lever !

- Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé, il vaut toujours 100 euros. Alors pensez à vous, à votre vie. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissé, rejeté, souillé par les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment et de ceux à qui vous êtes utile !

La valeur d'une personne ne tient pas à ce qu’elle a fait ou pas fait, de ce qu’elle a réussi ou de ce qu’elle a échoué. Vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte, elle est inscrite en vous-même.

Vous avez le droit à l’erreur !

Reconnaissez aussi ce droit aux autres !

Même après l’erreur, comme vous, ils ont une valeur !

Avec son autorisation, j’ai emprunté ce texte à Clise que vous pourrez retrouver sur son Blog : « Bribes de mots »

http://clise.canalblog.com

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dimanche 1 novembre 2009

Les chats

2514

Les amoureux fervents et les savants austères

Aiment également, dans leur mûre saison,

Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,

Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

.

Amis de la science et de la volupté,

Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;

L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,

S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes

Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,

Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

.

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,

Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,

Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

.

.

(Les Fleurs du mal)

Charles Baudelaire

Dédié a tous ceux et celles qui aiment les chats et une en particulier en souvenir de Venus

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